Courir dans Paris est un sport extrême. Slalomer entre touristes et pigeons, exploser sa fréquence cardiaque tout en respirant un air pollué, transformer toutes ses sorties en fractionnés grâce aux feux rouges tous les 400m, voilà le quotidien du coureur parisien. Alors certes, il n’aime pas trop les côtes et la seule surface qu’il connait, si l’on fait exception de la pelouse du Parc des Princes, c’est le bitume mais on ne peut nier sa qualité de coureur tout terrain au coureur parisien.

Réactif, il évite vélib’, poussettes et garçons de café avec une élégance troublante. Du haut de ses UltraBoost, ce coureur si particulier, vole au-dessus des déjections canines. Le coureur parisien, voit tout, anticipe tout, de la touriste qui va piler net devant lui à l’allure qu’il doit avoir afin de ne pas se faire écraser par la mini qui arrive sur sa droite.

J’aimais me dire que je faisais partie de ces coureurs, lente, c’est indéniable, mais tout de même !

Hier, j’ai bafoué l’honneur de ma communauté.

Hier, je n’ai pas anticipé.

Hier, je me suis pris un échafaudage de plein fouet.

Cela faisait plusieurs jours que j’attendais avec impatience d’aller courir. En effet, me remettant à peine d’une blessure, je dois y aller en douceur et ne m’autorise ainsi qu’une à deux courtes séances de course à pied par semaine. Cette impatience était d’autant plus forte que j’avais craqué pour une nouvelle tenue de running chez Adidas quelques jours plus tôt et que mes parents m’avaient offert la Vivoactive 3 à l’occasion de mes 20 ans la veille. Cette sortie s’annonçait parfaite, je rejoins Maxime et c’est parti.

Pour ce qui est du parcours, je m’imaginais rejoindre le bois de Vincennes, qui se trouve à un peu plus de 3 km, afin d’éviter justement de trop slalomer. Je lance ma montre et c’est parti. Au bout d’1km je commence à trouver une allure qui me convient et je me sens vraiment bien. Jambe ok, respiration ok, motivation ok. Il y a un peu de monde, mais rien d’affolant, on passe Nation direction le bois et là, après 2km et 770m c’est le drame.

Je me prends une barre d’échafaudage en plein dans la tête.

J’aimerais tellement mettre des mots sur cette chute, mais peu importe mes efforts, je pense que personne ne pourra jamais visualiser la violence de l’impact, la douleur que j’ai ressentie et surtout l’hilarité de ce plongeon en arrière. Je ne suis vraiment pas du genre à me vanter mais je pense très sincèrement que ma chute est l’une des plus belles de cette année.

Pour vous aider à visualiser, il faut d’abord comprendre que, jusqu’à ce que je me retrouve allongée au sol, je n’avais absolument pas la moindre idée de l’existence de cette barre d’échafaudage. Je n’ai donc pas ralenti le moins du monde, ni essayé d’éviter la collision, j’ai tout simplement foncé dedans à 11km/h et vous voyez, là tout de suite, au fond de mon lit avec ma grosse bosse, je n’ai jamais été plus heureuse de n’être encore qu’une tortue de la course à pied. Cette barre d’échafaudage se situait à hauteur de mon front et le choc fut si violent qu’il m’a projeté en arrière. Mes jambes ont décollé et je me suis retrouvée par terre. Je me suis également fait mal au genou et à la hanche droite durant cette sublime chute mais je suis incapable de vous expliquer le pourquoi du comment.

« Alors ?? Est-ce que c’est vrai ?? Est-ce que tu as vu ta vie défiler devant toi ? » me demanderez-vous. Eh bien pas du tout. A vrai dire je n’ai rien vu, je n’ai même pas essayé de me rattraper et ne me suis rendue compte de ce qui se passait qu’après plusieurs secondes à terre (et le « ohhhhhhhhh putain » d’une dame qui marchait vers moi). Durant la chute, il y a une seule chose à laquelle j’ai pensé et je ne suis même pas sûre que l’on puisse qualifier ça de pensée. A vrai dire c’était davantage une information que me faisait passer mon cerveau : « il y avait quelque chose devant toi ». Waouh. Merci cerveau. Pour l’utilité on repassera.

Le positif est que la violence du choc m’a tellement sonné qu’il m’a fallu plusieurs minutes pour me rendre compte de la douleur. 2 personnes étaient autour de moi, Maxime me tendait la main pour m’aider à me relever et malgré le fait que j’étais absolument incapable de bouger à ce moment précis, j’étais persuadée que j’allais me remettre à courir. La bonne blague.

La suite n’est que moments de fou rire en repensant au ridicule de la chute et moments de « oulala je suis en train de mourir ». Je pensais m’en tirer avec une simple bosse mais mon état s’est dégradé dans les heures qui ont suivi et je me suis retrouvée aux Urgences.

L’épopée de Zoé, ou comment se prendre un échafaudage en courant et finir à l’hôpital avec un traumatisme crânien.

Heureusement tout va bien, mon égo et ma tête en ont prit un sacré coup, beaucoup de repos et ma tête sera à nouveau sur pied. L’égo est blessé à jamais mais quitte à avoir perdu la tête autant garder le sens de l’humour.

Et puis quelque part c’est assez beau, exactement 20 ans plus tard je me retrouve à l’endroit même où je suis née.

Je ne sais pas s’il y a une morale à tout ça, choisissez-celle que vous voudrez :

« Grandir ça fait mal »

« Les échafaudages c’est le diable »

« Porte des lunettes meuf »

En tout cas, comme je vous le disais, courir dans Paris est un sport extrême.

Prenez soin de vous,

Zoé.

 

 

la photo n’est évidemment pas contractuelle ♡
Posted by:Zoé Vilan

Parisienne de 20 ans, anciennement fumeuse et reine des dispenses d'EPS, nouvellement passionnée par le sport et tous ses aspects. J'aime courir, nager, faire des pompes et transpirer (mais ne me parlez pas de tractions !). Je privilégie l'effort au résultat et vois le sport et la nutrition comme un moyen d'être bien dans son corps et dans sa tête, sans obligations ni privations.

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