En ce moment j’ai peur, j’ai peur tout le temps. Cette peur me paralyse et je m’y soumets. Je vis sous sa dictature, respectant les règles qu’elle m’impose pour ne pas la provoquer. Seuls ceux ayant vécut des crises d’angoisse seront en mesure de comprendre à quel point on se sent prisonnier de soi même, combien il est dur d’accepter que l’on soit notre propre oppresseur.

crises d'angoisse

Ma toute première crise de panique remonte à 2012, je n’ai pas compris ce qui m’arrivait, en quelques minutes j’ai perdu tout contrôle sur mon corps. Je n’entendais pas distinctement les gens autours de moi et pourtant tous les sons semblaient décuplés, le bruit m’agressait; mes muscles se contractaient sans que je leur en ai donné l’ordre, je ne pouvais relâcher mes mains, mes jambes ne me répondaient pas et parler me demandait un effort surhumain. Je me souviens encore de ma prof d’allemand paniquée, la pauvre. Une crise de panique est dans la plupart des cas inoffensive mais souvent aussi impressionnante de l’extérieur qu’elle est désagréable de l’intérieur. Je ne me rappelle absolument pas comment je suis arrivée à l’infirmerie. J’ignorais que je venais de faire une crise de panique, je ne comprenais juste pas ce qui venait de se passer et heureusement que je ne comptais pas sur l’infirmière pour me l’expliquer. Un coup de fil à mes parents pour qu’ils viennent me chercher, un thé et basta, preuve du peu de sensibilisation aux troubles anxieux. Je pense que c’est en partie pour ça que je ressens le besoin de l’écrire et de le partager aujourd’hui. J’ai souvent pensé que j’étais seule dans cette situation, alors je n’en parlais pas. J’ai compris au fur et à mesure que ce trouble était bien plus généralisé que ce que je n’aurais jamais pu croire. Pourquoi n’y sommes nous donc pas sensibilisés ? Pourquoi les personnes capables de nous en parler sont donc si rares ? Je pense que la réponse se trouve en partie dans le fait que nous nous murons dans un silence honteux. Honteux de perdre le contrôle. Honteux de se sentir à la merci de nous même. Et puis au bout d’un moment il faut aussi dire qu’on s’y habitue, on se construit une vie qui nous permet d’éviter toute situation « à risque ». Mais vit-on alors vraiment ?

Chaque personne est différente, chaque trouble anxieux l’est également, et pourtant, tous les témoignages comptent. En parler compte. Pour que tous ceux qui le vivent ne se sentent pas seuls, pour les aider à libérer leur parole, mais aussi et surtout pour tous ceux qui ne le vivent pas, qui ne le comprennent pas. Savez vous qu’une simple crise de panique peut être complètement sans conséquences et ne pas entrainer de trouble anxieux ou de crises de panique en chaine si elle est comprise et « bien vécut » ? Le simple fait d’être au courant, de comprendre ce qui se passe peut aider une personne bien au delà de ce que vous pouvez imaginer.

crise d'angoisseJe ne suis en aucun cas psychiatre ou psychologue, je vous parle avec mes 6 années de crises d’angoisse et de recherches à ce sujet (qui me passionne). Je m’intéresse à la question et la vit au quotidien, cependant, mon expérience n’est pas une vérité générale, chaque personne à ses spécificités.

crise de panique angoisse

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la crise d’angoisse n’est pas nécessairement une réaction à un évènement stressant mais plutôt à un élément considéré par l’inconscient comme dangereux : un son, une odeur, une situation, un lieu, etc. L’inconscient fait part d’une menace (souvent inexistante dans les faits) au corps qui se prépare donc à y répondre.

crise d'angoisse

Une perte de contrôle sur notre corps, l’impression de s’en détacher. Une variété de sensations physiques désagréables s’y ajoutent : difficultés à respirer, transpiration, tremblements, nausées, vertiges, maux de ventre, envie de faire pipi (si si ça arrive). Tous ces symptômes sont rarement ressentis en même temps et varient d’une personne à l’autre. En résulte souvent une peur intense, un besoin irrépressible de fuir la situation dans laquelle on se trouve par tous les moyens. On a l’impression de mourir ou de devenir fou.

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Comprendre la raison profonde d’une (série de) crise de panique est un travail de longue haleine et nécessite de l’investissement personnel ainsi qu’un accompagnement. Je souhaite donc ici parler du « pourquoi » physique, de la réalité derrière le ressenti. Comme expliqué plus haut, la crise d’angoisse est une réponse à un danger inexistant dans les faits mais bien réel pour l’inconscient. Le corps n’a pas conscience de l’inexistence de ce danger et met donc en place ses mécanismes de défense les plus poussés (le corps est vraiment brillant sérieux). Le rythme cardiaque s’accélère sous le coup de l’adrénaline, le sang est redirigé vers les organes principaux et notre instinct de fuite est déclenché. La panique résultant de cet état incontrôlé accentue souvent les symptômes physiques. Ayant l’impression de manquer d’air, on cherche naturellement à en inspirer d’avantage, hors, c’est bien souvent à cause de cet apport trop important en oxygene que nous nous retrouvons en état d’hyperventilation. La montée en puissance de ces symptômes peut, à l’extrême, provoquer l’évanouissement de la personne concernée mais la crise d’angoisse reste un épisode sans gravité (d’un point de vue physique du moins).

crise d'angoisse

Comme on peut j’ai envie de dire. Il y a des dizaines de stratégies pour calmer la crise d’angoisse, beaucoup d’entre elles, bien qu’efficaces sur le coup (comme le fait de fuir la situation en question) sont souvent néfastes sur le long terme. Par la fuite, on valide le danger (pourtant inexistant) et l’on augmente donc ses chances de vivre à nouveau cette expérience (plus que désagréable nous sommes d’accord). Fuir n’est donc pas la solution. Cependant, vivant des crises d’angoisse au quotidien je sais combien il est difficile de faire autrement et à vrai dire, je fuis la grande majorité du temps.

Des stratégies de respiration ventrale peuvent être mises en place afin de ralentir le rythme cardiaque et de reprendre le contrôle sur notre corps. Il peut également être utile d’en parler et non de s’en cacher lorsqu’une crise de panique arrive en public. Vos proches ne sauront probablement pas comment réagir mais c’est à vous de les guider, de leur expliquer ce dont vous avez besoin : que la personne parle, qu’elle vous tienne la main, peu importe, trouvez ce qui vous fait du bien.

Pour tous ceux assistants à une crise d’angoisse, sachez qu’il ne sert à rien de demander à la personne de se calmer ou de ne pas paniquer. Elle le sait et croyez moi que si elle le pouvait elle le ferait. Privilégiez toujours le positif, le cerveau humain ne comprends pas la négation, ainsi même si vous dites à quelqu’un « qu’il n’y a pas de raison d’avoir peur », le cerveau réagira en fonction du terme « peur ». Etre à l’écoute est enfin la meilleure chose que vous puissiez faire, si la personne à des difficultés à communiquer, dites lui par exemple que vous êtes là et posez lui des questions concrètes pour comprendre ce qui lui permettrait de se sentir mieux : « as tu besoin de quelque chose ? », « veux tu que je reste ? », « un câlin ? ».

Personnellement j’ai tendance à m’éloigner de tout le monde quand ça m’arrive, je préfère souvent gérer ma crise d’angoisse seule mais je connais des personnes qui ont au contraire besoin de soutient, d’une oreille à qui parler. En bref, cela dépend de chacun et, tant que vous êtes à l’écoute vous êtes parfait. Si vous ne savez pas quoi dire, rappelez lui que ce qu’elle ressent va passer (une crise de panique dure environ une vingtaine de minutes), qu’il ne va rien lui arriver. Rappelez vous également que son état est indépendant de vous, que vous faites de votre mieux et que vous n’avez pas à porter le poids de sa souffrance passagère.

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crise d'angoisse

Faire une crise d’angoisse peut parfaitement être un épisode unique et n’avoir ainsi aucun impact sur la qualité de vie de la personne concernée. Cependant, lorsque celle ci se reproduit, on peut alors développer la peur de la crise d’angoisse. C’est elle qui nous empêche de vivre finalement. La crise d’angoisse nous est si insupportable qu’on souhaite l’éviter à tout prix. On commence à redouter les situations qui la provoquent or cette peur, bien loin de nous protéger contre un danger réel, déclenche au contraire la crise d’angoisse. Arrive alors un moment où l’on ne peut plus faire face, on commence donc à éviter toutes ces situations. C’est un cercle vicieux. Chaque nouvelle crise nous persuade d’éviter de nouvelles choses : les bars, les transports en commun, les ascenseurs, le monde, la musique trop forte, le cinéma, les magasins… Chaque nouvelle crise nous prive un peu plus de notre liberté.

crise d'angoisse

C’est comme ça que je vis depuis 6 ans. Dans la prévision perpétuelle. Dans le contrôle. Vu de l’extérieur ça parait si simple « tu n’as qu’a lâcher prise », « te laisser aller », « il n’y a aucun risque », « la peur n’évite pas le danger ». Ces phrases sont si difficiles à entendre pour tout ceux qui le vivent. Le fait est que nous sommes souvent bien conscients du fait qu’il n’y a pas de danger, que la vie est beaucoup plus belle, plus agréable lorsqu’on cesse d’être dans l’expectative. Je rêverais de me laisser aller. Je rêverais d’accepter de partir en vacances avec mon copain sans avoir à me demander si je serais capable d’aller au restaurant. Je rêverais de pouvoir me déplacer sans avoir à sortir du métro 3 fois pour respirer. Je rêverais de vivre sans avoir à y penser au préalable. « Alors fais le ». J’essaye. J’essaye réellement. Mais savez vous ce que c’est que de perdre le contrôle sur votre propre corps ? C’est mentalement et physiquement éprouvant.

Personne ne se complait dans cette situation. Un trouble anxieux n’a pas pour vocation d’attirer l’attention. Ce n’est pas un choix de facilité. Les crises ne se produisent pas nécessairement lorsque l’on est stressé où que l’on se trouve dans une situation qui nous déplait. Non. C’est tout le temps et nous en sommes les premières victimes. Nous sommes l’agresseur et l’agressé. C’est probablement cette dualité qui nous empêche de parler : la honte qui en ressort, la sensation de faiblesse, l’impression de ne pas être « normal », « assez bien ». Combien de mensonges ? Combien de personnes perdues ? Combien d’opportunités gâchées ? Je ne les compte plus.

Ce trouble anxieux se vit souvent par phases, ça va très bien pendant des semaines, des mois, on oublie presque jusqu’au jour où ça revient. Malheureusement, tant que l’on ne prend pas la décision de s’en occuper, de faire ce travail sur soi, ça revient à chaque fois, toujours plus intensément que la fois précédente. C’est une de ces phases que je vis depuis quelques semaines. Pourtant ça semble différent. Je ne souhaite plus m’enfermer chez moi, je ne souhaite plus éviter toutes ces situations, ces personnes, ces moments que j’aime et qui me rendent heureuse. A dire vrai, j’en souffre beaucoup mais contrairement aux années précédentes, je ne me réduis plus du tout à cela. Je connais ma force et je suis persuadée que l’avenir peut être beau, peut être différent si je le décide et si je persévère dans cette voie. Je me suis donc demandée pourquoi, pourquoi cette fois ci je savais que c’était passager, que tout finirait par aller mieux et la réponse s’est trouvée dans les témoignages que j’avais reçu ainsi que dans mon hygiène de vie. Je sais aujourd’hui que je ne suis pas seule, et je sais qu’on peut s’en remettre, que ce n’est pas une fatalité si l’on en parle. Alors j’en parle. J’en parle car si cela permet à ne serait-ce qu’une personne d’y croire, de trouver la force d’en parler à son tour, de chercher l’aide dont elle a besoin alors ça en vaudra mille fois la peine. Je sais que c’est gênant, mais ça n’a pas à l’être, nous avons tous besoin d’aide à un moment où à un autre, est-ce que cela vous retire de votre valeur en tant qu’être humain ? Absolument pas. Vous n’êtes pas défaillant, vous n’êtes pas fou, vous avez simplement développé une sensibilité particulière à un moment donné, tout le monde en a.

crise d'angoissecrise d'angoisse

Je ne sais pas si cet article à beaucoup de sens, j’ai essayé de lui en donner. Je ne souhaite absolument pas attirer une quelconque pitié et ne pense pas non plus faire preuve d’un certain courage. J’ai simplement envie de parler d’un sujet que l’on laisse souvent de côté, de vous dire que c’est ok. On essaye tous un peu de comprendre la vie au fur et à mesure, mais savoir qu’on est pas seul à vivre certaines situations peut être d’un grand soulagement.

N’ayons plus peur, la vie est tellement plus simple quand on explique réellement ce que l’on traverse, ce que l’on pense, ce que l’on ressent. Vous n’avez pas à vous débrouiller tout seul, la force réside bien plus dans le partage que dans le fait de se prouver quoi que ce soit.

Sur cette petite phrase carrément cliché je vous laisse, j’espère très sincèrement que cet article pourra résonner en certains,

Quoi qu’il en soit, prenez soin de vous,

Zoé ♡

 

PS : Ne me demandez pas pourquoi j’ai choisi ces photos, peut être pour le côté dramatique d’une plage à 6h du mat, don’t know

10 exercice sans matériel

Brassière All Me VFA – Adidas  Legging Adidas (ancienne co) • Chaussure Pure Boost x Tr. 3 – Adidas • Sac à dos – Up2glade • Veste en jean Levis

 

 

Posted by:Zoé Vilan

Parisienne de 20 ans, anciennement fumeuse et reine des dispenses d'EPS, nouvellement passionnée par le sport et tous ses aspects. J'aime courir, nager, faire des pompes et transpirer (mais ne me parlez pas de tractions !). Je privilégie l'effort au résultat et vois le sport et la nutrition comme un moyen d'être bien dans son corps et dans sa tête, sans obligations ni privations.

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